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Photo Conf presse municipale

Déclaration liminaire lors du point de presse du 22 mai 2018

Mesdames et messieurs les journalistes, nous vous remercions pour votre présence à ce point de presse, malgré vos agendas chargés.
Nous avons demandé à vous rencontrer pour vous faire part de notre analyse de la gestion de Ouagadougou et de la situation qui prévaut à l'arrondissement 3 de la ville.
Le budget 2018 de la commune de Ouagadougou est évalué à plus de 55 milliards de francs CFA, avec plus de 20 milliards de francs comme recettes propres. Les recettes propres ne couvrent pas le fonctionnement de la commune.
A ce jour, près de six mois après l'adoption du budget des arrondissements, Béouindé a gelé toutes les dépenses d'investissement dans les 12 arrondissements. Ainsi, dans ces arrondissements, toilettes de CSPS et d'écoles, salles de classes, tout est entrain de pourrir du fait de ce gel.
C’est avec un tel budget que le 7 février 2018, un vote mécanique a permis au maire de Ouagadougou de contourner la cellule technique interministériel (CTI) qui est chargée de contrôler les délibérations à caractère budgétaire du conseil municipal. Le maire obtient ainsi le droit de signer des approbations de marchés à hauteur de 1 milliard (au lieu de 100 millions), de donner des marchés de gré à gré à hauteur de 500 millions (au lieu de 100 millions) et de donner des marchés par consultations restreintes à hauteur de 500 millions (au lieu de 50 millions). Certes, il y’a des ministères dont le budget ne vaut pas celui de la commune, mais la procédure de passation doit passer en conseil de ministre. Dans notre cas, après le maire, il n’y a que Dieu. A quoi sert alors la CTI ?
Mesdames et messieurs les journalistes,
L’arrondissement 3 de la ville de Ouagadougou est secoué depuis plus d’un an par un complot visant pour ses auteurs à récupérer le poste de maire dudit arrondissement.
La tentative de déstabilisation du conseil municipal de l'arrondissement 3 est l’œuvre de personnes haut- placées. Nous n’en doutons point à la lumière du développement de cette crise. En effet, jusqu’à ce jour, la mairie de l’arrondissement ne dispose pas de fonds pour son fonctionnement, au mépris des textes.
Pourtant, le décret du 15 mai 2006 portant Régime financier et comptable des collectivités territoriales du Burkina Faso stipule en son article 19 que « lorsque le budget de la collectivité territoriale n’a pas été approuvé avant le début de l’année financière, les recettes ordinaires et les dépenses obligatoires s’exécutent sur la base des prévisions budgétaires de l’année précédente en tenant compte, le cas échéant, des augmentations ou diminutions résultant des mesures légales ou réglementaires s’imposant à la collectivité et des délibérations régulièrement prises par elle au cours de l’exercice précédent.
Le Président du Conseil de la collectivité territoriale engage, liquide et mandate les dépenses de la section de fonctionnement dans la limite de celles inscrites au budget de l’année précédente…» fin de citation.
A la lumière de cette disposition, l'arrondissement 3 attend depuis janvier sa dotation de 2018 sur la base du budget 2017. Depuis cinq mois, Madame le Maire paye de sa propre poche pour certaines dépenses de fonctionnement de la mairie. Le crédit de l’arrondissement étant un crédit délégué, il doit être géré par l’ordonnateur délégué qui est le maire de l'arrondissement 3. Il ne peut en aucun cas être géré par l’ordonnateur principal (le maire de Ouagadougou).
Mesdames et Messieurs, le maire de Ouagadougou a marqué sa volonté de gérer le budget de l’arrondissement 3.
Après avoir échoué à faire tomber Madame le maire de l’arrondissement 3, on veut passer à une autre étape qui est d’asphyxier financièrement l’arrondissement et retourner les services déconcentrés et la population contre le conseil municipal. Mais là aussi, ça ne passera pas.
En plus de ces pratiques rétrogrades et humiliantes, pendant que les deux adjoints n’accomplissent plus leurs obligations au profit des populations depuis plus d’une année, ils continuent de percevoir leurs indemnités en tant que adjoints au maire.
Pendant que ces adjoints au maire touchent des indemnités à ne rien faire, d’autres sont poursuivis en justice pour être venus au secours de l’arrondissement 3 sans rien recevoir en contrepartie. En effet, Armand Béouindé a déposé une plainte contre les maires d’opposition et leurs adjoints, pour avoir aidé le maire de l’arrondissement 3 à célébrer des mariages.
Nous-nous attendions à ce que Béouindé contribue, de par sa position d’ainé et de maire, à convaincre les adjoints à venir célébrer les mariages au profit de la population. Hélas ! Ce comportement démontre que cet homme est contre les habitants de l’arrondissement 3.
Il n’y a aucune loi qui interdit à un officier d’état civil élu de Ouagadougou, de célébrer un mariage sur le territoire communal de Ouagadougou.
Par contre, cela fait plus d’un an que les 16 conseillers frondeurs ne siègent plus aux sessions du conseil municipal de l’’arrondissement 3, alors que la loi portant code général des collectivités territoriales en son article 253 stipule que « tout conseiller qui s’absente des sessions du conseil municipal de façon continue durant une année est considéré comme démissionnaire, sauf cas d’invalidité temporaire dûment établi. Le constat est établi par l’autorité de tutelle rapprochée au regard des états de présence du secrétariat des sessions du conseil. » Nous appelons donc l’autorité de tutelle à mettre ce texte en application et à permettre aux suppléants desdits conseillers de siéger au conseil municipal de l’arrondissement 3.
Nous interpellons le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation sur les agissements du maire de Ouagadougou, qui abuse de ses pouvoirs pour nuire aux adversaires politiques que nous sommes. Ces comportements risquent de détériorer le climat social déjà délétère.
Nous prenons à témoin l’opinion publique sur ces dérives du maire Béouindé en matière de gouvernance locale.
Tous ces faits nous permettent d’affirmer que le Maire Béouindé est un frein à la décentralisation et au développement local.
Chers amis de la presse,
Le 21 mars 2017, nous dénoncions la gabegie dans l’organisation des fêtes de fins d’année précédentes. Le bilan nous a donné raison : Plus de 113 millions de francs ont étés dépensés.
Quant au bilan des réjouissances de fin d'année 2017, plus de cinq mois après, aucun bilan n'est annoncé.
Il faut le dire, la gestion de la commune de Ouagadougou est loin d’être un exemple de bonne gouvernance.
A titre d’illustration, la gestion des ressources humaines est telle que les mairies d’arrondissements sont dépourvues de personnel. Le Maire de Ouagadougou nomme qui il veut et reprend qui il veut.
Le plan de développement de la commune de Ouagadougou a été pensé et rédigé avant celui des secteurs et des arrondissements et sans aucune consultation des maires d’arrondissements. Bonnes gens, depuis quand construit-on une maison en commençant par le toit ?
Le ramassage des ordures de la ville reste du ressort du maire de Ouagadougou qui préfère gérer seul les 3 milliards mobilisés à cet effet. On comprend aisément pourquoi est Ouaga est passée de ville la plus propre d’Afrique en 2013 à 7ème ville la plus sale d’Afrique en 2017.
Depuis l’arrivée de Béouindé à la tête de la mairie de Ouagadougou, aucun comité de gestion des CSPS n’a pu être renouvelé malgré les dérives criards au sein de ces comités. Le maire en a donné l’interdiction, arguant qu’il attend de mettre en place un nouvel organigramme.
Le reprofilage des voies dans les secteurs est seulement possible, quand le maire de Ouagadougou le veut et le décide, alors que c’est vers les maires d’arrondissement que les populations se retournent pour crier leur désarrois sur l’état des voies et l’enlèvement des ordures.
Bouindé n’a aucune considération pour les maires d’arrondissements, au point qu’il s’incruste dans les arrondissements pour mener des activités sans informer et encore moins impliquer les maires d’arrondissements. Ce, au mépris des articles 331 à 333 du Code général des collectivités territoriales qui prescrivent une relation de collaboration et non de hiérarchie ou de tutelle.
C'est cette attitude de faucon solitaire qui a conduit Monsieur Béouindé à refuser le don d'ambulances et de terrain destinés au dernier repos de nos frères, sans avoir consulté le conseil municipal, seul autorisé à refuser ou à accepter un don. La haine de l'adversaire à toujours aveuglé Béouindé, si bien qu'il oublie que dans tous les arrondissements vivent des Burkinabè de tous bords politiques.
Mesdames et messieurs les journalistes, nous ne saurions terminer sans rappeler que le 21 mars 2017, nous attirions l’attention du gouvernement en ces termes : « la situation des lotissements à Ouagadougou est une bombe à retardement prête à exploser d’un moment à l’autre ». On n’est pas loin de l’impasse. Et le ministère s’apprête à créer et à légitimer les premières favelas au Burkina. La lenteur avec laquelle l’apurement du passif foncier urbain se fait révèle le laxisme délibéré de nos dirigeants. Pour les logements sociaux, le gouvernement propose des deux chambres salons à 7 500 000 francs. Où se trouve le social ?
Mesdames et Messieurs, c’était là l’essentiel des messages que nous voudrions partager avec vous. Merci pour votre disponibilité. Nous restons à votre écoute pour d’éventuelles questions.

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