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Communiqué de presse de Monsieur Zéphirin DIABRE

Burkina Chine

Ceci est un communiqué de M. Zéphirin DIABRE, Président d’honneur du Forum d’Amitié Sino Burkinabé (FASIB), au sujet du rétablissement des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la Chine Populaire.


Comme tous les Burkinabè, j’ai pris connaissance de la déclaration du ministre en charge de notre diplomatie, annonçant la rupture de nos relations diplomatiques avec Taiwan, et le renouement de notre amitié avec la Chine populaire.
En tant que simple citoyen, je prends acte de cette décision qui relève des prérogatives pleines et entières de ceux à qui notre peuple a confié la charge des affaires du pays. Et je ne peux que souhaiter que le choix qu’ils ont fait apporte beaucoup de bonnes choses au Burkina Faso.

En tant que Président d’honneur du Forum d’Amitié Sino Burkinabé (FASIB), je me réjouis fortement de cette décision, qui va dans le sens du combat que mène le Fasib depuis des années.
Il y a de cela quelques années, alors que notre pays savourait sa lune de miel avec Taiwan, j’avais pris l’initiative de réunir un groupe de Burkinabè, pour plaider en faveur d’une relation avec Pékin, et de susciter la création du Forum d’amitié Sino burkinabè.
A l’époque, certains des ténors du pouvoir actuel qui animaient le pouvoir d’alors, n’avaient pas eu de mots assez durs pour me fustiger et me rappeler dans des termes très durs, que eux et leur chef d’alors étaient mieux placés que moi pour savoir où sont les intérêts du peuple burkinabè !
L’histoire nous a tous rattrapé. Et de la belle manière !
Les membres du Fasib se joignent à moi pour remercier Taiwan pour tout le soutien qu’il a apporté à notre pays au cours de ces deux décennies de deuxièmes retrouvailles. Au lendemain de l’indépendance, nous avions établi une coopération très fructueuse, qui a été interrompue par le premier rétablissement de nos relations avec la Chine populaire. C’est donc le deuxième divorce entre nous. Il ne doit pas être frappé du sceau de l’amertume. Des relations fortes se sont tissées entre nous. Dans beaucoup de domaines, Taiwan nous aidé et de mon point de vue, devrait continuer à nous aider. La technologie de Taiwan est excellente et intéresse nos opérateurs économiques. Nos entreprises ont commencé à découvrir le marché de Taiwan. Et des partenariats se sont noués. Dans les jours à venir, je plaiderai fortement pour l’ouverture ici au Burkina et à Taipei d’un bureau de coopération commerciale de Burkina /Taiwan. En principe, rien ne s’y oppose. La Chine populaire, lorsqu’elle entretient des relations diplomatiques avec vous, vous interdit d’avoir des relations diplomatiques avec Taiwan. Mais elle ne s’oppose pas aux relations économiques et commerciales. C’est en vertu de ce principe que tous les grands pays (USA, France, Canada, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, etc..) qui n’ont pas de relation diplomatique avec Taiwan, ont des bureaux de coopération économique avec Taiwan. En clair, ils font la diplomatie avec la Chine populaire, et ils font le business avec Taiwan.
Le Burkina aurait tort de ne pas exploiter cette piste. Et je n’accepterai pas qu’il se laisse dicter une attitude qu’on ne dicte pas aux autres. Notre pays doit se faire respecter. Quand on sait que ce sont les capitaux de Taiwan qui ont été les premiers à investir en Chine lorsque le visionnaire Deng Tsiao Ping a décidé l’ouverture économique, que des milliers d’entreprises de Taiwan sont installées aujourd’hui en Chine populaire pour bénéficier de la min d’œuvre bon marché et du vaste marché de consommateurs, que des millions de touristes voyagent entre les deux pays et qu’il y a plus de cent vols par semaine entre ces deux pays, nous devons faire attention pour ne pas acheter des bagarres qui ne nous regardent pas. La politique c’est une chose. Le business c’est une autre chose. Un pays n’a pas d’amis ; il n’a que des intérêts. Et le vent de ces intérêts est changeant ! Les relations diplomatiques avec la Chine populaire ne doivent pas entraver notre business avec Taiwan.
Avec tous les membres du Fasib, je souhaite une chaleureuse nouvelle bienvenue, ou plutôt un bon retour à la Chine populaire au Burkina Faso et je forme le vœu ardent que la nouvelle coopération qui débute soit à l’avantage de nos deux peuples. C’est un grand pays, fruit d’une grande civilisation, et qui a un grand rôle à jouer dans le monde d’aujourd’hui. A son contact, le Burkina Faso apprendra surement beaucoup.
Je redis enfin ici, de la manière la plus solennelle qui soit, que si nous devons toujours nous réjouir des amitiés que nous entretenons avec tel ou tel pays, nous ne devons jamais oublier que personne ne viendra développer le Burkina Faso à notre place. Les pays qui ont réussi, y compris la Chine populaire et Taiwan, se sont développés en traçant leur propre voie originale. Ils n’ont pas copié quelqu’un et ils n’ont pas mendié auprès de quelqu’un. C’est une leçon que nous, Burkinabè, ne devons jamais cesser de méditer.


Ouagadougou, le 24 Mai 2018
Zéphirin DIABRE,
Economiste,
Président d’honneur du Forum d’amitié sino burkinabè (FASIB)

L'Opposition municipale critique le bilan du maire de Ouaga

Photo Conf presse municipale

Déclaration liminaire lors du point de presse du 22 mai 2018

Mesdames et messieurs les journalistes, nous vous remercions pour votre présence à ce point de presse, malgré vos agendas chargés.
Nous avons demandé à vous rencontrer pour vous faire part de notre analyse de la gestion de Ouagadougou et de la situation qui prévaut à l'arrondissement 3 de la ville.
Le budget 2018 de la commune de Ouagadougou est évalué à plus de 55 milliards de francs CFA, avec plus de 20 milliards de francs comme recettes propres. Les recettes propres ne couvrent pas le fonctionnement de la commune.
A ce jour, près de six mois après l'adoption du budget des arrondissements, Béouindé a gelé toutes les dépenses d'investissement dans les 12 arrondissements. Ainsi, dans ces arrondissements, toilettes de CSPS et d'écoles, salles de classes, tout est entrain de pourrir du fait de ce gel.
C’est avec un tel budget que le 7 février 2018, un vote mécanique a permis au maire de Ouagadougou de contourner la cellule technique interministériel (CTI) qui est chargée de contrôler les délibérations à caractère budgétaire du conseil municipal. Le maire obtient ainsi le droit de signer des approbations de marchés à hauteur de 1 milliard (au lieu de 100 millions), de donner des marchés de gré à gré à hauteur de 500 millions (au lieu de 100 millions) et de donner des marchés par consultations restreintes à hauteur de 500 millions (au lieu de 50 millions). Certes, il y’a des ministères dont le budget ne vaut pas celui de la commune, mais la procédure de passation doit passer en conseil de ministre. Dans notre cas, après le maire, il n’y a que Dieu. A quoi sert alors la CTI ?
Mesdames et messieurs les journalistes,
L’arrondissement 3 de la ville de Ouagadougou est secoué depuis plus d’un an par un complot visant pour ses auteurs à récupérer le poste de maire dudit arrondissement.
La tentative de déstabilisation du conseil municipal de l'arrondissement 3 est l’œuvre de personnes haut- placées. Nous n’en doutons point à la lumière du développement de cette crise. En effet, jusqu’à ce jour, la mairie de l’arrondissement ne dispose pas de fonds pour son fonctionnement, au mépris des textes.
Pourtant, le décret du 15 mai 2006 portant Régime financier et comptable des collectivités territoriales du Burkina Faso stipule en son article 19 que « lorsque le budget de la collectivité territoriale n’a pas été approuvé avant le début de l’année financière, les recettes ordinaires et les dépenses obligatoires s’exécutent sur la base des prévisions budgétaires de l’année précédente en tenant compte, le cas échéant, des augmentations ou diminutions résultant des mesures légales ou réglementaires s’imposant à la collectivité et des délibérations régulièrement prises par elle au cours de l’exercice précédent.
Le Président du Conseil de la collectivité territoriale engage, liquide et mandate les dépenses de la section de fonctionnement dans la limite de celles inscrites au budget de l’année précédente…» fin de citation.
A la lumière de cette disposition, l'arrondissement 3 attend depuis janvier sa dotation de 2018 sur la base du budget 2017. Depuis cinq mois, Madame le Maire paye de sa propre poche pour certaines dépenses de fonctionnement de la mairie. Le crédit de l’arrondissement étant un crédit délégué, il doit être géré par l’ordonnateur délégué qui est le maire de l'arrondissement 3. Il ne peut en aucun cas être géré par l’ordonnateur principal (le maire de Ouagadougou).
Mesdames et Messieurs, le maire de Ouagadougou a marqué sa volonté de gérer le budget de l’arrondissement 3.
Après avoir échoué à faire tomber Madame le maire de l’arrondissement 3, on veut passer à une autre étape qui est d’asphyxier financièrement l’arrondissement et retourner les services déconcentrés et la population contre le conseil municipal. Mais là aussi, ça ne passera pas.
En plus de ces pratiques rétrogrades et humiliantes, pendant que les deux adjoints n’accomplissent plus leurs obligations au profit des populations depuis plus d’une année, ils continuent de percevoir leurs indemnités en tant que adjoints au maire.
Pendant que ces adjoints au maire touchent des indemnités à ne rien faire, d’autres sont poursuivis en justice pour être venus au secours de l’arrondissement 3 sans rien recevoir en contrepartie. En effet, Armand Béouindé a déposé une plainte contre les maires d’opposition et leurs adjoints, pour avoir aidé le maire de l’arrondissement 3 à célébrer des mariages.
Nous-nous attendions à ce que Béouindé contribue, de par sa position d’ainé et de maire, à convaincre les adjoints à venir célébrer les mariages au profit de la population. Hélas ! Ce comportement démontre que cet homme est contre les habitants de l’arrondissement 3.
Il n’y a aucune loi qui interdit à un officier d’état civil élu de Ouagadougou, de célébrer un mariage sur le territoire communal de Ouagadougou.
Par contre, cela fait plus d’un an que les 16 conseillers frondeurs ne siègent plus aux sessions du conseil municipal de l’’arrondissement 3, alors que la loi portant code général des collectivités territoriales en son article 253 stipule que « tout conseiller qui s’absente des sessions du conseil municipal de façon continue durant une année est considéré comme démissionnaire, sauf cas d’invalidité temporaire dûment établi. Le constat est établi par l’autorité de tutelle rapprochée au regard des états de présence du secrétariat des sessions du conseil. » Nous appelons donc l’autorité de tutelle à mettre ce texte en application et à permettre aux suppléants desdits conseillers de siéger au conseil municipal de l’arrondissement 3.
Nous interpellons le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation sur les agissements du maire de Ouagadougou, qui abuse de ses pouvoirs pour nuire aux adversaires politiques que nous sommes. Ces comportements risquent de détériorer le climat social déjà délétère.
Nous prenons à témoin l’opinion publique sur ces dérives du maire Béouindé en matière de gouvernance locale.
Tous ces faits nous permettent d’affirmer que le Maire Béouindé est un frein à la décentralisation et au développement local.
Chers amis de la presse,
Le 21 mars 2017, nous dénoncions la gabegie dans l’organisation des fêtes de fins d’année précédentes. Le bilan nous a donné raison : Plus de 113 millions de francs ont étés dépensés.
Quant au bilan des réjouissances de fin d'année 2017, plus de cinq mois après, aucun bilan n'est annoncé.
Il faut le dire, la gestion de la commune de Ouagadougou est loin d’être un exemple de bonne gouvernance.
A titre d’illustration, la gestion des ressources humaines est telle que les mairies d’arrondissements sont dépourvues de personnel. Le Maire de Ouagadougou nomme qui il veut et reprend qui il veut.
Le plan de développement de la commune de Ouagadougou a été pensé et rédigé avant celui des secteurs et des arrondissements et sans aucune consultation des maires d’arrondissements. Bonnes gens, depuis quand construit-on une maison en commençant par le toit ?
Le ramassage des ordures de la ville reste du ressort du maire de Ouagadougou qui préfère gérer seul les 3 milliards mobilisés à cet effet. On comprend aisément pourquoi est Ouaga est passée de ville la plus propre d’Afrique en 2013 à 7ème ville la plus sale d’Afrique en 2017.
Depuis l’arrivée de Béouindé à la tête de la mairie de Ouagadougou, aucun comité de gestion des CSPS n’a pu être renouvelé malgré les dérives criards au sein de ces comités. Le maire en a donné l’interdiction, arguant qu’il attend de mettre en place un nouvel organigramme.
Le reprofilage des voies dans les secteurs est seulement possible, quand le maire de Ouagadougou le veut et le décide, alors que c’est vers les maires d’arrondissement que les populations se retournent pour crier leur désarrois sur l’état des voies et l’enlèvement des ordures.
Bouindé n’a aucune considération pour les maires d’arrondissements, au point qu’il s’incruste dans les arrondissements pour mener des activités sans informer et encore moins impliquer les maires d’arrondissements. Ce, au mépris des articles 331 à 333 du Code général des collectivités territoriales qui prescrivent une relation de collaboration et non de hiérarchie ou de tutelle.
C'est cette attitude de faucon solitaire qui a conduit Monsieur Béouindé à refuser le don d'ambulances et de terrain destinés au dernier repos de nos frères, sans avoir consulté le conseil municipal, seul autorisé à refuser ou à accepter un don. La haine de l'adversaire à toujours aveuglé Béouindé, si bien qu'il oublie que dans tous les arrondissements vivent des Burkinabè de tous bords politiques.
Mesdames et messieurs les journalistes, nous ne saurions terminer sans rappeler que le 21 mars 2017, nous attirions l’attention du gouvernement en ces termes : « la situation des lotissements à Ouagadougou est une bombe à retardement prête à exploser d’un moment à l’autre ». On n’est pas loin de l’impasse. Et le ministère s’apprête à créer et à légitimer les premières favelas au Burkina. La lenteur avec laquelle l’apurement du passif foncier urbain se fait révèle le laxisme délibéré de nos dirigeants. Pour les logements sociaux, le gouvernement propose des deux chambres salons à 7 500 000 francs. Où se trouve le social ?
Mesdames et Messieurs, c’était là l’essentiel des messages que nous voudrions partager avec vous. Merci pour votre disponibilité. Nous restons à votre écoute pour d’éventuelles questions.

Discours du Président Zéphirin DIABRE à l'occasion du 7ème Congrès ordinaire du CDP

Congrès CDP

(OUAGADOUGOU LE 05 MAI 2018)

Monsieur le Président du Congrès pour la Démocratie et le Progrès
Mesdames et messieurs les responsables des partis politiques membres du CFOP,
Mesdames et Messieurs les représentants des partis politiques,
Mesdames et Messieurs les chefs et membres des délégations étrangères,
Mesdames et Messieurs les membres de la direction politique du CDP,
Mesdames et messieurs les congressistes,
Militants et militantes du CDP,
Mesdames et messieurs,
Les milliers de cœurs enthousiastes qui battent à l’unisson dans cette enceinte majestueuse de la salle du palais des sports de Ouagadougou, à l’occasion de la tenue du 7ème Congrès de votre grand parti, signalent déjà et de manière éloquente, que le CDP is back et que l’Opposition est en marche!
C’est donc avec un double sentiment de satisfaction et de gravité que je prends la parole, en ma double qualité de Président de l’UPC et de Chef de file de l’Opposition, en mon nom personnel et en celui des partis membres du CFOP, pour saluer la tenue de ce congrès, qui constitue une évènement plus que majeur de notre vie politique.
Mesdames et messieurs,
Les militants de mon parti l’UPC et les chefs de partis membres du CFOP se joignent à moi pour remercier la direction politique du CDP pour l’honneur qu’elle nous a fait en nous invitant à cette importante activité, et pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé.
Il nous plait à tous de vous féliciter très chaleureusement pour la tenue de ce congrès, et pour la mobilisation réussie de ce matin. Cela témoigne de l’engagement infaillible dont font preuve vos militants, malgré la kyrielle d’embuches qui se posent sur leur chemin. Nous formons le vœu que votre parti en sorte grandi, renforcé et plus déterminé que jamais à continuer le combat commun de l’opposition.
Mesdames et messieurs,
Tous les partis de l’opposition, le votre, le mien et tous les autres, ont opté chacun de s’affilier à l’Opposition politique sans se concerter. Ils l’ont fait au départ non sur la base d’une connivence, mais sur la base d’une évaluation du pouvoir en place, qui a abouti à la même conclusion. C’est un choix courageux et intègre, qui a mis les principes au dessus des intérêts.
Mais en nous retrouvant dans cet espace commun qu’est le CFOP, nous avons appris à cheminer ensemble et à mieux nous connaitre.
Alors que nos chemins se sont croisés depuis maintenant plus de deux ans, je puis affirmer ici que l’’Opposition politique est très fière de compter le CDP dans ses rangs. Votre parti contribue énormément à la renforcer, et à consolider le jeu de contre-pouvoir si nécessaire en démocratie. J’ajoute que votre connaissance intime de ceux qui nous gouvernent, éclaire précieusement nos analyses et alimente à bonne dose nos stratégies.
Certes, des choses nous ont divisés dans le passé. Des combats épiques nous ont opposés. Mais le temps n’est plus au souvenir des anciens combattants, il est à celui des nouveaux combats pour l’avenir de notre pays.
Ce qui importe aujourd’hui, c’est de savoir ce que nous pouvons, ce que nous devons faire pour sortir notre cher Burkina du chaos dans lequel il se trouve.
C’est donc fort à propos que le thème de votre congrès soit une introspection sur votre place et votre rôle dans l’évolution sociopolitique récente du Burkina Faso.
Notre souhait est que les fruits de cette réflexion sans complaisance vous donnent la juste appréciation de vos succès et de vos échecs, et qu’ils vous aident à tracer le chemin d’un nouvel avenir.
Mesdames et messieurs,
Grace au travail opiniâtre de ses dirigeants, et à l’engagement constant de ses militants, votre parti est en phase de réussir sa renaissance.
Notre souhait est que le CDP se redresse vite et bien.
Comme le disent les anciens, ce sont les cailcédrats qui rehaussent la beauté de la forêt. Un CDP fort et uni honore et renforce l’Opposition
C’est le lieu pour moi de féliciter l’ensemble des militants du CDP pour leur résilience, pour leur courage et pour leur fidélité à leur famille politique.
Que l’on soit d’accord avec vous ou pas, on est obligé de reconnaitre que vous êtes en train de donner une singulière leçon de science politique à la face de la nation. Car, alors que la vie politique est faite de trahison et d’opportunisme, vous avez choisi, et c’est votre honneur, d’être fidèle à votre parti et à son fondateur malgré la défaite, et d’être solidaires avec lui dans les difficultés comme vous l’étiez hier dans la facilité.
C’est important d’être souligné dans un pays où le retournement de veste est en train de devenir un sport national.
Et votre attitude est d’autant plus méritoire qu’à dire vrai, si on doit dire les choses comme il se doit, tout le monde sait que ce n’est pas vous là ici présents qui avez plus bénéficié du règne de Blaise Compaoré !
Notre opposition a besoin de ce type d’endurance et de constance ! Car le combat à venir sera très âpre !
C’est pourquoi l’UPC et les autres membres de l’opposition vous encouragent à continuer résolument dans ce travail de reconstruction, sans vous laisser ni distraire, ni appâter, ni attendrir.
Du fond de nos provinces nous parviennent les rapports sur les mouvements politiques en cours. En ayant à l’esprit la sociologie politique de notre pays, nous vous exhortons à redoubler d’efforts pour ramener dans vos rangs ceux de vos camarades et sympathisants qui s’étaient laissé flatter par les enfants rebelles sortis de vos entrailles à l’aube de l’an 14.
Nous sommes convaincus, que si le système de vases communicants que nous observons actuellement continue de bien fonctionner, alors un rééquilibrage politique se produira au sein de l’ancienne base électorale du CDP. Et dans cette hypothèse, tout devient possible !
Sans vexer qui que ce soit, notre scène politique compte trois baobabs. Si deux baobabs se mettent ensemble, le troisième est terrassé.
Mesdames et messieurs ;
Votre congrès se tient dans un contexte national délétère, où on sent bien que le Burkina Faso se cherche !
Depuis son accession au pouvoir, le MPP fait montre d’une telle incompétence qu’il fait courir à notre pays de grands risques.
Personne ne demande aux dirigeants du MPP de faire des miracles. On leur demande simplement d’appliquer ce qu’ils ont appris quand ils étaient des apprentis de Blaise Compaoré.
De la gouvernance à l’économie, de la sécurité à l’unité nationale, le pays va mal ! Il va même très mal.
En tant qu’opposition républicaine, c’est à nous qu’il appartient de proposer l’alternative sur toutes ces questions qui empêchent notre pays d’avancer.
Si la panne de l’économie nous chagrine, la faillite de notre système de sécurité nous révolte.
Le Burkina est devenu comme une plaque de beurre où les terroristes enfoncent leurs couteaux à leur guise. Derrière la malheureuse banalisation des attaques qui ne semble plus émouvoir grand monde, ayons conscience que c’est l’avenir de l’intégrité de notre territoire qui se joue.
Pour réussir à affronter ce défi comme tous les autres défis qui l’assaillent, notre pays a besoin de se réconcilier avec lui-même. Et cela finira par arriver. Tôt ou tard, mais mieux vaut tôt que tard, les Burkinabè devront se réconcilier, se rassembler dans le respect de leur diversité, de leurs différences et de leurs divergences, panser leur plaies, se pardonner dans une formule inédite qui rende un hommage sincère à la vérité et à la justice, pour affronter avec plus de confiance, plus d’efficacité les menaces existentielles auxquels ils sont aujourd’hui confrontés.
S’il y a justement un symbole qui traduit toute l’importance de la réconciliation nationale, c’est bien l’appartenance aujourd’hui à un même camp politique du CDP et de l’UPC. La réconciliation, ce n’est pas un mot. C’est un comportement. Et nos deux partis, mieux que toute autre force politique, ont la légitimité pour l’incarner. Car notre collaboration au sein de l’Opposition démontre à souhait que les combats que nous menions chacun dans son camp, n’avaient rien de personnel. Nous nous combattions, mais dans les idées et dans la vision du développement et de la gouvernance du pays. Je l’ai répété à maintes reprises, nous étions adversaires, mais nous n’étions pas ennemis.
A titre personnel, ici ou ailleurs, je n’ai jamais ni peur, ni honte de dire que je suis fier d’avoir servi le Burkina Faso aux côtés de Blaise Compaoré.
Monsieur le Président du CDP,
Mesdames et Messieurs les membres de la direction politique du CDP,
Mesdames et messieurs les congressistes,
Militantes et militants du CDP,
Toute l’opposition se joint à moi pour formuler le vœu que le succès éclatant qui caractérise cette cérémonie d’ouverture s’étale tout au long des travaux afin qu’à l’issue, les objectifs que vous –vous êtes fixés soient pleinement atteints.
Vive l’Opposition unie en route pour l’alternance !
Plein succès à vos travaux !
Je vous remercie !

Conseil des ministres tournants: "décision complètement inutile et provocatrice" selon l'UPC

GOV

Le mercredi 02 mai 2018, le Gouvernement a décidé de délocaliser les conseils des ministres dans les 13 régions du Burkina Faso.
L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) s’indigne contre cette décision gouvernementale complètement inutile et provocatrice. En effet, pendant que le même gouvernement crie au manque de ressources, et que notre pays est rongé par l’hydre terroriste, la seule idée nouvelle que le pouvoir du MPP et de ses alliés a réussi à concevoir, c’est d’organiser une ballade ministérielle.
La capacité pour un conseil des ministres à trouver des solutions aux problèmes des Burkinabè ne réside pas dans le fait qu’il se tient en province, mais plutôt en la compétence des membres du Gouvernement.
Ces conseils des ministres délocalisés vont mobiliser des dizaines de grosses cylindrées, des finances pour les frais de mission, les hébergements, et surtout pour les meetings. Ils vont distraire les paisibles populations et l’administration locale et les détourner de leurs travaux.
Ce qui intéresse les Burkinabè, ce n’est pas de voir la figure d’un ministre ou la grosseur de son véhicule, c’est plutôt de sentir l’effet de ses décisions sur leur vie quotidienne. En fait, il est clair que le MPP et ses alliés veulent battre campagne avant l’heure et ce, aux frais du contribuable burkinabè.
L’UPC invite par conséquent le Président du Faso et le Premier ministre à abandonner immédiatement cette idée de tourisme gouvernemental, et à se concentrer sur les véritables problèmes qui assaillent les Burkinabè.


Ouagadougou, le 04 mai 2018
Pour le Bureau politique national de l’UPC,
Le Secrétaire national chargé des affaires juridiques et institutionnelles,
Kouliga D. NIKIEMA

Compte-rendu de la réunion CFOP du 02 mai 2018

Photo Réunion CFOP

Les partis politiques membres du Cadre de Concertation du Chef de file de l’Opposition ont tenu une réunion ordinaire le mercredi 02 mai 2018 au siège du CFOP à Ouagadougou. La réunion, qui était présidée par le Chef de file de l’Opposition, M. Zéphirin DIABRE, avait deux points inscrits à son ordre du jour :


-Les suites de la concertation récente avec le Président du Faso ;
-La nouvelle orientation de la communication du CFOP.


I – LA CONCERTATION AVEC LE PRESIDENT DU FASO
En rappel, le Jeudi 19 Avril dernier, une délégation du CFOP s’est rendue au Palais de Kossyam à l’invitation du Président du Faso en vue de prendre part à des entretiens sur la question de la nouvelle constitution et la question du vote des Burkinabè de l’Etranger.
a) Sur la nouvelle constitution
Bien que les échanges n’aient pas encore abouti à une conclusion, l’Opposition politique est à même de donner ici des indications sur certaines positions qu’elle entend défendre relativement à certaines questions soulevées lors de la rencontre. Elle le fait aussi par souci de transparence et en réponse aux nombreux questionnements de ses partisans et sympathisants.
Ainsi, s’agissant de la procédure d’adoption de la nouvelle constitution, l’Opposition politique estime que, conformément à l’avis des éminents juristes et aux recommandations du Conseil constitutionnel, elle doit se faire par référendum. Les difficultés économiques que traverse notre pays auraient pu être un motif pour faire adopter cette nouvelle constitution par la voie parlementaire. Il se trouve que du strict point de vue juridique, c’est la voie référendaire qui s’impose. La démocratie, c’est aussi le respect strict de la règle de droit. L’Opposition invite donc le gouvernement à s’y conformer.
Au-delà de la procédure, une question qui se pose est celle de la bonne période pour organiser un tel référendum. En la matière, pour l’Opposition, l’avis technique de la CENI doit être le principal facteur devant éclairer la décision. Tout doit être fait pour que la CENI puisse respecter le calendrier de ses engagements jusqu’à l’élection de 2020.
En abordant cette question, les chefs de partis membres du CFOP se sont interrogés sur les manières les plus efficaces et les plus économes de réaliser les révisions annuelles des listes électorales. L’opinion qui se dégage, c’est que pour ces révisions partielles, il n’est peut-être pas nécessaire que les équipes de le CENI se déploient jusqu’au niveau village. En limitant la présence de ces équipes, en ayant une bonne communication et en responsabilisant les partis politiques dans le travail de mobilisation, il devrait être possible de faire une révision qui coute beaucoup moins cher et qui soit de bonne qualité. Les chefs de partis membres du CFOP vont continuer la réflexion sur la question. Toutes les opinions et propositions des sympathisants sont les bienvenues.
b) Sur le vote des Burkinabè de l’étranger
A propos du vote des Burkinabè de l’extérieur, l’Opposition politique réaffirme l’impérieuse nécessité que ce vote ait lieu en 2020. Après de nombreux rendez-vous manqués, il n’est plus possible de demander à nos compatriotes résidant à l’étranger d’attendre encore après 2020 pour exercer leur droit civique.
Ce rendez-vous de 2020 n’est pas négociable car le pouvoir du MPP était averti depuis son installation que le vote des Burkinabè de l’extérieur aurait lieu en 2020. Il disposait donc de cinq années pleines pour mener toutes les actions permettant l’enrôlement des électeurs de la diaspora. Tout retard qui est enregistré sera donc de son entière responsabilité.
L’opposition politique s’inquiète des opinions émises par certains ténors de la majorité et par les activistes patentés du MPP et qui tendent manifestement à préparer l’opinion à un report de ce vote. Des officines de propagande à la solde du pouvoir, distillent déjà des arguments fallacieux relatifs à la situation de nos compatriotes dans des pays comme la Cote d’Ivoire, ou concernant les documents de votation. Derrière toute cette gymnastique intellectuelle se profile la peur bleue que le vote des Burkinabè de l’extérieur ne soit pas favorable au régime en place. En particulier, celui de la Cote d’Ivoire est craint de nos gouvernants.
Pour l’Opposition politique, le vote des Burkinabè de l’étranger ne doit pas être lié à des spéculations politiques sur le sens éventuel de leur vote. Il n’y a aucune raison que le Burkina Faso ne puisse pas faire ce que des pays comme le Sénégal, le Mali, la Guinée, et beaucoup d’autres pays africains font depuis des décennies.
L’opposition politique sera donc très vigilante sur la question. Tout comme elle sera vigilante sur la question du nouveau code électoral. L’opposition a transmis ses observations au gouvernement. Entre autres choses, l’Opposition politique exige que ce nouveau code soit expurgé des dispositions de la loi portant exclusion des citoyens qui auraient soutenu la révision de l’article 37 de la Constitution.


II – LA NOUVELLE COMMUNICATION DU CFOP
L’Opposition politique note avec satisfaction, que l’opinion publique est de plus en plus avide d’entendre son opinion sur toutes les questions touchant d’une manière ou d’une autre à la vie nationale. L’opposition politique y voit une marque de considération et d’adhésion à son action, toute chose qui l’encourage à persévérer. Elle tient à expliquer aux uns et aux autres, que son manque de réactivité sur certaines questions s’explique par le mode de fonctionnement du CFOP. En effet, sur une question majeure donnée, le chef de file doit prendre l’avis des 34 partis membres du CFOP et essayer de dégager une position minimale commune, lorsque celle-ci existe. Le chef de file n’est qu’un porte-parole. Il ne peut exprimer une opinion que si celle-ci est validée par tous les partis membres du CFOP. Or, à l’image de la démocratie libérale dans laquelle nous baignons, notre opposition est très plurielle, et sur certaines questions, les opinions peuvent être diverses. C’est ce qui explique le retard mis parfois à réagir, ou même en certaines occasions le silence observé.
Dans le souci de continuer à faire mieux dans ce domaine, le CFOP va améliorer la rapidité de son mécanisme de concertation. Et pour communier davantage avec les citoyens, il est désormais institué un point de presse hebdomadaire, chaque Mardi à 10 heures au siège du CFOP. Ce rendez-vous avec la presse débutera le mardi 08 mai 2018. Il sera l’occasion pour une délégation du CFOP, de donner l’opinion de l’institution sur les grandes questions de l’heure touchant à la vie nationale.
Débutée à 18 heures, la réunion a pris fin à 20h 30, dans une ambiance toute cordiale.


Ouagadougou, le 03 mai 2018
Le service de communication du Chef de file de l’Opposition

Photothèque

Vidéothèque

Direction Nationale de Campagne Electorale

dnc